www.sherlock-holmes.org        Les Dix Sept Marches


Filmographie générale :

Retour à la filmographie

Le Chien des Baskerville, de Terence Fisher avec Peter Cushing

(Présenté par Monsieur Isadora Persano, alias Marc Derbesse)

En 1958, Sherlock Holmes, dont les dernières apparitions au cinéma remontaient aux désormais légendaires prestations de Basil Rathbone, revient sur les écrans avec un film britannique. Il s'agit d'une nouvelle adaptation de sa plus célèbre aventure : "Le chien des Baskerville". Le film est réalisé par Terence Fisher, et produit par la "Hammer Film". Pour cette même sociéte, Fisher vient auparavant de signer "Frankenstein s'est échappé" et "Le cauchemar de Dracula". Deux énormes succès devenus des classiques, du cinéma fantastique. Ces deux films sont indissociables de leurs interprêtes-vedettes Peter Cushing et Christopher Lee qui seront encore dirigés par le même Fisher dans "La malédiction des Pharaons". Dans ces trois films, Peter Cushing incarne le héros et Christopher Lee le monstre. Fisher utilise à nouveau ces deux comédiens pour sa version du "Chien des Baskerville". Cependant, si Cushing y est bien le héros, Lee est loin d'en être le monstre !!! Pour la première fois, il trouve un rôle d'importance égal à celui de son partenaire, celui de Sir Henry Baskerville, rôle de surcroit parlant, lui donnant l'occasion de prouver qu'il est plus qu'un mime très doué et capable de proférer autre chose que des grognements.

LE CHIEN DES BASKERVILLE

Cette nouvelle version, l'une des plus célèbres, du classique de Conan Doyle est également le premier film des aventures de Sherlock Holmes à bénéficier de la couleur. Et quelles couleurs ! On ne se lasse pas d'admirer le magnifique technicolor de la Hammer. Dès le générique ,avec son flash-back racontant la légende de la malédiction des Baskerville, c'est un festival de tonalités chaudes et chatoyantes. Le ton est donné et la suite, si elle n'est pas aussi enlevée que cette ouverture, est loin de démériter. Le canevas du roman est soigneusement respecté avec un climat d'ensemble donnant encore plus dans le fantastique, genre phare de la Hammer qui produit cependant ici son film le plus "light", évitant tout excès sanguinaire. Les adaptateurs se sont également permis, ici et là, quelques innovations bienvenues. Ainsi, la scène de la tarentule sortant de la chaussure de Sir Henry Baskerville ou celle de la mine abandonnée. La fin supprime l'intervention de l'inspecteur Lestrade, trop souvent négligé dans les adaptations de cet épisode (la Grenada l'ignorera tout autant...) mais nous offre cependant un suspense bien mené, soutenu par une musique dramatique à souhait. Le chien, malheureusement, n'est pas le point fort du film, un comble pour une société de production spécialisée dans les monstres. Il est vrai qu'il était peut-être à l'époque plus facile de transformer C. Lee en créature de Frankenstein ou en momie qu'un bon toutou en un molosse surgi des enfers !

Les décors, du salon de Baker Street point de départ de tant d'aventures extraordinaires à la lande de Dartmoor où se déchainent la nuit, les forces du Mal, en passant par le manoir des Baskerville, les reconstitutions sont excellentes. Tout au plus, le connaisseur peut-il trouver comme un petit air de ressemblance entre le perron et le grand escalier intérieur du manoir et ceux du château du Comte Dracula... Normal ! Il s'agit du même décor, habilement (?) réutilisé. Et, après tout, pourquoi bouder notre plaisir ? La Firme Universal recycla bien le château de ses propres "Dracula" pour certains rathboniens "Sherlock Holmes". Quant à la musique, elle participe à la magie de l'ensemble, avec les violons dramatiques presque expressionnistes qui soulignent l'action à merveille l'action de James Bernard, compositeur lui aussi attitré de la Hammer Films dont les bandes originales si elles offrent toutes un petit air de déjà vu demeurent cependant de purs régals. Côté interprétation, c'est un trio sans fausse note avec Christopher Lee excellent en Sir Henry Baskerville, qui, sans être un jeune premier et sans forcer la sympathie, afin de ne pas voler la vedette à Sherlock Holmes, trouve là un de ses meilleurs rôles, loin des monstres de tout acabit ou autres savants fous. Notons que Lee sera plus tard Mycroft Holmes puis Sherlock lui-même ! C'est un habitué des plateaux de la Hammer, Andre Morell, qui est un excellent Watson, sobre, réservé, efficace, loin des amusantes pitrerries de Nigel Bruce. Morell est connu surtout pour avoir interprété le professeur Quatermass dans la version télévisée de "Quatermass and the pit" et pour son rôle dans "Plague of the zombies", le chef d'oeuvre de John Gilling. Petre Cushing, enfin, succède dignement à Rathbone, malgré le handicap d'une petite taille. Il est parfait dans le rôle. La Hammer films projettait d'ailleurs de produire une série d'adaptations des aventures de Sherlock Holmes mais n'en obtint pas les droits. Cushing reprit cependant le rôle pour 16 épisodes d'une série produite par la BBC. Il fut, enfin, dans les années quatre-vingt, un Sherlock Kolmes vieillissant (pour ne pas dire grabataire... quoique toujours efficace !) dans le téléfilm de Roy Ward Baker (lui-même ancien de la Hammer et réalisateur de plusieurs Sherlock Holmes de la seconde série produite par Sheldon Reynolds). Notons cependant que si l'on retrouve le personnage de Holmes tel qu'il apparaît dans les récits du Dr Watson, c'est également un héros "Fisherien" qui nous est présenté dans ce film, un véritable champion du Bien, à l'image du Van Helsing du "Cauchemar de Dracula", curieusement imprégné d'un mysticisme chrétien pas toujours évident chez le modèle littéraire.

Isadora Persano, alias Marc Derbesse

Retour à la filmographie

[Accueil] [Aventures] [Bibliographie] [Filmographie] [Jouez] [SH & la France] [Expositions] [Holmésologie] [Chercher] [Me_Contacter]

                                                                                    webmaster