www.sherlock-holmes.org      LES DIX SEPT MARCHES


Dissertation incisive sur une aventure canine

La liste de discussion des Dix Sept Marches est régulièrement le siège de discussions passionnées entre ses membres. En voiçi un exemple, grâce au compte rendu mis en forme par François Gigot.

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Le Chien des Baskerville est la traduction communément admise en français pour cette aventure. Il est néanmoins permis de se demander si c'est la meilleure traduction possible de "The Hound of the Baskerville". (voir "Variations sur un titre"). C'est aussi l'occasion de se remémorer les autres représentants de la race canine qui traversent les aventures de Sherlock Holmes.  (voir "Les chiens dans le canon") Enfin, nous nous sommes permis quelques conjonctures plus ou moins sérieuses sur la race de chien la plus à même d'incarner le monstre ...

Variations sur un titre

"Le Chien des Baskerville" ne semble pas traduire, ce qui est sous- entendu dans le mot anglais "Hound". "To hound" pourrait se traduire par  "poursuivre", avec une idée de violence comme dans la chasse à courre, avec la  mort au bout, comme dans "foxhound" qui doit designer les chiens entraînes a  poursuivre les renards jusqu'à l'épuisement dans cette chasse typiquement anglaise et particulièrement répugnante.

Lord Baskerville est mort de cette façon,  poursuivi par le Chien de Stapleton, ce qui semble justifier que Arthur Conan-Doyle n'ait pas simplement intitulé son  roman "The Dog of the Baskervilles". Le "hound" parait donc plus effrayant que le "dog".

Ceci dit, la langue française semble ne pas pouvoir traduire le mot anglais dans  toute sa richesse.

Certains auraient préfèré "Le monstre des Baskerville" ou  "L'Horreur des Baskerville" (ou encore le peu élégant "Molosse", ce qui eût réglé le problème du chien et amené un  cote mystérieux et de suspens... Avec le Chien des Baskerville, guère de surprise pour la fin du roman...

En revanche, des esprits facétieux font remarquer le terme chien semble assez approprié, même s'il est désolant qu'il n'existe pas d'équivalent français au mot Hound. Ce titre sait garder une certaine élégance quand on pense au "cabot des Baskervilles, clébard des Baskervilles" et autres titres milles fois plus horribles qu'on aurait pu en tirer. :)

Les chiens dans le canon

En anglais, le mot "dog" est utilisé pour designer un chien, quelle que soit sa race. Un chien est cependant rarement associé à l'image que l'on peut avoir du monstre légendaire et terrifiant, décimant les Baskerville. On peut recenser nombre d'autres chiens dans le "Canon" mais ils ne sont guère monstrueux.

Ainsi, Watson possède au début de son association avec Holmes, un "petit bouledogue" dont il parle dans "Une Etude en Rouge", encore que, là aussi, la traduction prête à diverses interprétations. Le fait est que l'on n'entend plus parler de l'animal dans la suite du roman... On peut d'ailleurs se demander ce qu'est devenu, par la suite,  ce brave petit toutou, si tant est qu'il ait existé ? L'imprevisible colocataire du bon Docteur l'utilisa-t-il pour quelque expérience qui eut pu être fatale a la malheureuse bestiole ? La chose ne serait pas impossible... Holmes s'étant livre à deux reprises à de semblables expériences : avec les pilules de Jefferson Hope dans "Etude en Rouge" et dans le "Vampire du Sussex".

Quoiqu'il en soit, lorsque le Docteur Mortimer se présente a Baker Street, il est lui aussi, accompagné d'un chien . N'oublions pas le brave Toby, précieux auxiliaire de nos héros dans "Le Signe des 4", le redoutable chien de garde des "Hêtres Rouges".

Casting canin...

Hound.. En anglais, ce mot s'appliqe à beaucoup de races de chiens de chasse, comprenant les foxhound, les beagle, les bassets... Mais ils sont beaucoup trop petits, quoique hauts sur pattes (pas le basset..) :) pour que l'on songe sérieusement à eux pour interpréter le rôle.

En revanche, certains chiens sont des candidats plus sérieus. Ainsi, le mastiff est assez impressionant, mais il n'a pas une apparence agressive malgré son  imposante stature (il est aussi haut "qu'une table de salle a manger"). Le danois, le matin de Naples et le St-Hubert lui sont comparables en tailles, le danois est par ailleurs trop maigre pour le rôle. L'énorme bête était probablement un croisement. Un matin de Naples (qui a "une sale gueule" :-) semble convaincant. Ou un Montagne des Pyrénées (Belle et Sébastien)....

La théorie du croisement reste toutefois la plus probable. Une éspèce de monstruosité génétique canine. :) C'est, du reste, la version officielle, telle qu'elle est présentée dans le roman par le bon Docteur Watson...

P.S. Le caniche, le teckel et le pekinois ont été déclarés hors concours ;-)))

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