www.sherlock-holmes.org
LES DIX SEPT
MARCHES
ETUDE
EN
ROUGE
Deuxieme partie : Au pays des mormons
Chapitre VIII : La grande plaine salée
[Accueil] [Aventures] [Bibliographie] [Filmographie] [Jouez] [SH & la France] [Expositions] [Holmésologie] [Chercher] [Me_Contacter]
Deuxieme partie : Au pays des mormons
Chapitre VIII : La grande plaine salée
Au nord-ouest des États-Unis, de la Sierra Nevada, du Nebraska et du fleuve Yellowstone au nord, jusquau Colorado au sud, sétend un désert aride qui a, pendant de longues années, barré la route à la civilisation. Dans cette région désolée et silencieuse, la nature sest plu à réunir de hautes montagnes aux pics neigeux avec des vallées sombres et mélancoliques, des rivières rapides qui sengouffrent dans les cañons déchiquetés avec dimmenses plaines blanches en hiver, grises en été dune poussière dalcali salin. Mais tous ces paysages offrent au regard le même aspect dénudé, inhospitalier et misérable.
Personne nhabite là. De temps à autre, une bande de Pawnies ou de Pieds Noirs en quête de nouveaux terrains de chasse traverse les plaines; mais elles sont si terrifiantes que les plus braves dentre eux sont heureux de les perdre de vue et de se retrouver dans leurs prairies. Le coyote se faufile parmi les broussailles; le busard rôde dans lair, quil bat mollement de ses ailes; et, dans les ravins, à pas lents, le lourdaud grizzli cherche la maigre pitance que lui fournissent les rochers. Tels sont les seuls habitants de ce lieu sauvage.
Le panorama quon peut contempler de la pente septentrionale de la Sierra Blanco est, du monde entier, le plus morne. A perte de vue sétale une vaste plaine toute recouverte de plaques de sel et parsemée de massifs de chapperal nain. Et, dans tout cet espace, il ny a aucun signe de vie : nul oiseau dans le ciel bleu acier, nul mouvement sur le sol terne. Il y règne un silence absolu. Pas un bruit. Du silence, rien que du silence ! Silence total, écrasant
Il a été dit que là rien de vivant napparaissait, cest à peu près exact. Du haut de la sierra Blanco, on voit une piste qui serpente dans le désert et se perd dans le lointain. Des roues y ont creusé des ornières et de nombreux aventuriers y ont laissé lempreinte de leurs pas. Ici et là, tranchant sur le fond sombre du dépôt de sel, des objets blancs brillent au soleil; ce sont des ossements : les uns de grande dimension et grossièrement taillés, les autres plus petits et plus délicats. Les premiers ont appartenu à des bufs; les seconds, à des hommes. Sur une étendue de deux mille kilomètres, on peut retracer le chemin dune caravane macabre au moyen de vestiges éparpillés des voyageurs tombés en route.
Tel est le spectacle que, le 4 mai 1847, contemplait un homme solitaire. Son apparition aurait pu le faire passer pour le génie ou le démon de la région. Il aurait été difficile de dire sil était plus près de soixante ans que de quarante. Il avait lair hagard et le visage décharné; sa peau parcheminée était comme collée à ses pommettes saillantes; ses longs cheveux bruns et sa barbe étaient striés de fils blancs; ses yeux enfoncés dans leur orbite brillaient dun feu étrange; et la main qui serrait son fusil était dune maigreur squelettique. Il sarc-boutait sur son arme, mais sa haute taille et la charpente de ses os, dénotaient une constitution robuste et nerveuse. Seul son visage hâve et ses vêtements flottants lui donnaient un air de décrépitude.
Péniblement, il avait descendu le ravin et gravi ce monticule, dans le vain espoir de trouver de leau. Il voyait maintenant la grande plaine salée se dérouler jusquaux montagnes, à lhorizon, sans un arbre ou une plante qui pût indiquer quelque humidité. Létendue du paysage ne permettait aucune espoir. Il regarda au nord, à lest et à louest, avec des yeux farouches, scrutateurs; alors il comprit que son voyage touchait à sa fin : il allait mourir sur ce roc sans végétation. Pourquoi pas ici plutôt que sur un lit de plume dans une vingtaine dannées ? , murmura-t-il en sasseyant à lombre dune grosse pierre.
Avant de sasseoir, il avait déposé sur le sol son fusil devenu inutile et un gros paquet enveloppé dans un châle gris quil avait porté en bandoulière. Ce fardeau était apparemment trop lourd pour lui, car, en le posant, il le laissa retomber un peu vite. Aussitôt une plainte sen exhala. Il en sortit un petit visage apeuré aux yeux bruns très brillants et deux petits poings potelés.
Tu mas fait mal ! dit une voix denfant sur un ton de reproche.
- Cest vrai ? répondit lhomme avec regret. Je nai pas fait exprès.
Tout en parlant, il déroula le châle gris qui enveloppait une jolie petite fille denviron cinq ans. Les souliers coquets, lélégante robe rose, le tablier de toile indiquaient des soins maternels attentifs. Lenfant était pâle et fatiguée, mais ses bras et ses jambes fermes montraient quelle avait moins souffert que son compagnon.
Ça va mieux ? demanda lhomme avec appréhension, en la voyant se frotter derrière la tête, sous ses bouches dorées.
- Embrasse mon bobo pour le guérir ! dit-elle en lui indiquant avec gravité la place meurtrie. Maman faisait toujours comme ça Où est maman ?
- Maman est partie. Je pense que tu la reverras bientôt.
- Partie ? dit la petite fille. Elle ne ma pas dit au revoir, cest curieux. Elle me disait toujours au revoir quand elle allait chez tante pour prendre le thé. Ça fait trois jours quelle nest plus là. Dis, comme tout est sec ! Je peux avoir un peu deau et quelque chose à manger ?
- Non, chérie, je nai plus rien. Prends patience. Appuie ta tête contre moi, comme ça tu te sentiras plus vaillante. Il nest pas facile de parler avec des lèvres comme du cuir, mais il faut que je te dise ce quil en est Quest-ce que tu ramasses ?
- Les jolies choses ! sécria la fillette, enthousiasmée par deux étincelants fragments de mica. Quand nous retournerons à la maison, je les donnerai à mon frère Bob.
- Tu verras bientôt de plus jolies choses ! dit lhomme avec conviction. Attends un peu. Mais jallais te dire Tu te souviens quand nous avons quitté le fleuve ?
- Oh ! oui.
- Eh bien, tu comprends, nous comptions en atteindre un autre. Mais on sest trompé. A cause de la boussole, ou de la carte, ou dautre chose; il ny aura plus de fleuve Il ne nous restait plus deau, sauf une goutte pour toi, et
- Tu nas pas pu te laver, interrompit sa compagne en regardant le visage barbouillé.
- Non, ni me laver ni boire. M. Bender, il a été le premier à partir, puis ça été lIndien Pete, puis Mme McGregor, puis ensuite Jean Hones, et enfin, ma chérie, ta mère
- Alors maman aussi est morte ! sécria la petite fille.
Elle cacha son visage dans son tablier et elle éclata en sanglots.
Oui Tout le monde est mort, excepté toi et moi. Alors jai pensé que nous trouverions peut-être de leau par ici. Je tai prise sur mon épaule et je me suis mis en marche. Mais notre situation ne semble pas sêtre améliorée Il nous reste une bien faible chance
- Veux-tu dire que nous aussi, nous allons mourir ? demanda lenfant en relevant son visage inondé de larmes.
- Ça men a tout lair.
- Fallait le dire tout de suite ! sécria-t-elle avec un joyeux sourire. Tu mas fait une peur ! Mais, puisque nous allons mourir, nous allons retrouver maman.
- Tu la retrouveras !
- Toi aussi. Je vais lui dire comme tu as été bon. Je parie que maman nous attend à la porte du Ciel avec une grosse cruche pleine deau et un tas de galettes de sarrasin toutes chaudes et rôties des deux côtés comme nous les aimons, Bob et moi. Ce sera long encore ?
- Je ne sais pas Pas trop.
Les yeux de lhomme étaient fixés à lhorizon nord. Sous la voûte bleue du ciel avaient apparu trois petites taches. Dinstant en instant, elles grossissaient. Bientôt il put distinguer trois gros oiseaux bruns. Ils décrivirent des cercles au-dessus de leur tête, puis ils se posèrent sur la corniche au-dessus deux. Cétaient des busards. La présence de ces vautours de louest présageait la mort.
Des poules ! sécria la fillette avec joie en montrant du doigt les oiseaux de mauvais augure.
Elle frappa dans ses mains pour les faire senvoler.
Dis, cest le Bon Dieu qui a fait ce pays ?
- Bien sûr ! répondit son compagnon, surpris par cette question.
- Il a fait lIllinois et il a fait le Missouri, mais cette partie-ci, ce doit être un autre qui la faite : ce nest pas si bien que le reste. On a oublié leau et les arbres.
- Si tu faisais ta prière ? proposa timidement lhomme.
- Cest pas encore la nuit, répondit-elle.
- Ça fait rien. Cest pas tout à fait dans les règles, mais il ne ten voudra pas pour ça, tu peux être sûre. Répète les prières que tu avais coutume de dire chaque soir dans le chariot quand nous étions dans les plaines.
- Pourquoi tu ne fais pas aussi tes prières ? demanda lenfant, lair étonné.
- Je les ai oubliées, répondit-il. Je ne les ai pas dites depuis le temps que je nétais pas plus haut que la moitié de ce fusil. Mais il nest jamais trop tard. Récite tes prières tout haut, je les redirai après toi.
- Alors tu vas te mettre à genoux, dit-elle en étendant le châle sur le sol. Croise tes doigts comme ceci. On se sent meilleur, les mains jointes.
Cette scène navait nul besoin davoir eu des busards comme témoins pour être extraordinaire. Les deux errants, la petite enfant babillant et le rude aventurier, étaient agenouillés côte à côte sur le châle étroit. La frimousse joufflue et le visage anguleux étaient tournés vers le ciel sans nuages pour implorer lEtre terrible avec lequel ils se trouvaient face à face. Deux voix, lune faible et claire, lautre grave et rauque, sunissaient pour demander la grâce et le pardon divins. La prière finie, ils reprirent leur place à labri de la grosse pierre. La petite fille blottie contre la large poitrine de son protecteur, sassoupit. Il veilla sur le sommeil pendant quelque temps. A la fin la nature reprit ses droits : il ne sétait accordé ni repos ni sommeil depuis trois jours et trois nuits; ses paupières descendirent lentement sur ses yeux fatigués et la tête sinclina de plus en plus sur sa poitrine; la barbe grisonnante se mêla aux cheveux dorés; il sendormit à son tour, du même sommeil que sa petite compagne, profond et sans rêves.
Sil était resté éveillé une demi-heure de plus, il aurait vu un spectacle inattendu. Au loin, tout à lextrémité de la plaine salée, à peine distinct du brouillard, un nuage de poussière séleva et grandit peu à peu. Seul un grand nombre dêtre en mouvement pouvait en soulever un semblable. Il aurait pu sagir dun de ces énormes troupeaux de bisons qui broutent les prairies. Mais le lieu était par trop aride pour quil en pût être question. Quand le tourbillon de poussière se rapprocha du rocher solitaire où dormaient nos deux voyageurs égarés, il laissa entrevoir des chariots couverts de toile et des cavaliers armés. Cétait une grande caravane en route vers louest. Et quelle caravane ! Elle se déployait du pied des montagnes jusque par-delà lhorizon. A travers limmense plaine avançaient en désordre des chariots et des charrettes, des cavaliers et des piétons, dinnombrables femmes qui chancelaient sous leurs fardeaux et des enfants qui trottinaient entre les chariots ou qui regardaient furtivement de dessous les bâches. Ce nétait évidemment pas des émigrants ordinaires ! bien plutôt un peuple nomade contraint par la force des choses à se chercher une nouvelle patrie. Lair résonnait de bruits de pas, de grondements sourds, de hennissements et de grincements de roues. Tout ce tintamarre ne réussit pas à réveiller nos deux dormeurs.
En tête de la colonne chevauchaient une vingtaine dhommes au visage dur et sévère, vêtus de gros drap et armés de fusils. Parvenus au bas du monticule, ils sarrêtèrent pour tenir conseil.
Les sources se trouvent à droite, mes frères, dit lun deux, un homme grisonnant aux lèvres fermes, au visage imberbe.
- Prenons la droite de la Sierra Blanco pour atteindre le Rio Grande, dit un autre.
- Ne craignez pas que leau vous manque ! cria un troisième. Celui qui a pu la faire jaillir du rocher nabandonnera pas son peuple élu.
- Amen ! Amen ! répondit toute la troupe.
Ils allaient se remettre en route, quand lun des plus jeunes à la vue perçante poussa un cri; il désigna le monticule. Au sommet flottait quelque chose de rose qui ressortait sur un fond de pierre grise. Ils piquèrent des deux tout en armant leurs fusils; dautres cavaliers se joignirent à eux. La nom de Peaux Rouges volait de bouche en bouche.
Il ne peut pas y avoir dIndiens ici, dit lhomme âgé qui semblait être le chef. Nous avons dépassé les Pawnies et nous ne rencontrerons pas dautres tribus avant les grandes montagnes.
- Je vais voir, frère Stangerson ? demanda quelquun de la bande.
- Jirai aussi ! Jirai aussi ! sécrièrent une douzaine de voix.
- Descendez de cheval; nous vous attendrons ! répondit lhomme âgé.
Le temps de le dire, et les jeunes gens avaient sauté à terre, attaché leurs chevaux, et ils sétaient mis à gravir la pente escarpée. Ils avançaient rapidement et sans bruit, avec la confiance et la dextérité déclaireurs exercés. Den bas on les vit sauter de roche en roche, puis leurs silhouettes se découpèrent sous le ciel. Le jeune homme qui avait donné lalarme marchait en tête. Les autres le virent lever les bras en lair en signe de surprise et, quand ils le rattrapèrent, ils éprouvèrent la même sensation devant le tableau qui soffrait à leurs yeux.
Sur le petit plateau qui couronnait la colline se dressait une pierre énorme au pied de laquelle gisait un homme de haute taille, à la barbe longue, aux traits durs, dune excessive maigreur. Son air calme et sa respiration régulière montraient quil dormait profondément. Un petit enfant reposait tout contre lui. Ses bras ronds et blancs entouraient le cou musclé. Sa tête blonde sappuyait sur le veston de velours. Ses lèvres roses entrouvertes laissaient voir des dents blanches comme la neige et un sourire enjoué se jouait sur ses traits puérils. Ses petites jambes dodues, ses chaussettes blanches et ses souliers propres aux bouches brillantes contrastaient étrangement avec les longs membres desséchés de son compagnon. Sur la corniche du rocher qui surplombait ce couple étrange, se tenaient trois busards solennels qui, à la vue des nouveaux venus, jetèrent un cri rauque et senvolèrent de mauvaise grâce.
Le cri des oiseaux réveilla les deux dormeurs. Ils regardèrent autour deux avec stupéfaction. Lhomme se leva en chancelant pour contempler la plaine, quil avait vue si déserte avant de sendormir et qui était maintenant traversée par lénorme défilé de gens et de bêtes. Il eut une expression dincrédulité et il passa sa main osseuse sur ses yeux. Cest ce quon appelle le délire, je pense , murmura-t-il. La petite se serrait contre lui, tenant un pan de son veston; elle ne disait rien, mais elle regardait autour delle avec cet air émerveillé et questionneur des enfants.
Ils ne doutèrent bientôt plus de la réalité de leur vision. Lun des sauveteurs saisit la petite fille et la hissa sur son épaule; deux autres soutinrent son compagnon décharné jusquaux chariots.
Je me nomme John Ferrier, expliqua-t-il. Moi et cette petite, nous sommes les seuls survivants dun groupe de vingt et une personnes; tous les autres sont morts de soif et de faim, là-bas, dans le Sud.
- Est-elle à vous ? demanda quelquun
- Maintenant, oui ! sécria Ferrier avec défi. Elle mappartient, parce que je lai sauvée. Personne ne pourra me la prendre ! A partir daujourdhui, elle sappelle Lucy Ferrier. Mais qui êtes-vous ? senquit-il en regardant avec curiosité ses sauveteurs robustes et brunis par le soleil. Vous êtes en nombre !
- A peu près dix mille, dit lun des jeunes. Nous sommes les enfants persécutés de Dieu, les élus de lange Mérona.
- Je nai jamais entendu parler de lui, dit Ferrier. Mais il a une belle quantité délus !
- Ne plaisantez pas avec les choses sacrées ! répliqua lautre en fronçant les sourcils. Nous sommes de ceux qui croient aux écritures saintes gravées en lettres égyptiennes sur des plaques dor martelé qui ont été remises au très saint Joseph Smith, à Palmyre. Nous venons de Nauvoo, dans lÉtat de lIllinois, où nous avions édifié notre temple. Nous cherchons un refuge, loin des hommes violents et impies; et, sil le faut, nous irons jusquau fond du désert.
- Jy suis , dit Ferrier.
Le nom de Nauvoo lui avait rafraîchi la mémoire.
Vous êtes des Mormons.
- Nous sommes les Mormons, répondirent en chur ses compagnons.
- Et où allez-vous ?
- Nous lignorons. La main de Dieu nous guide en la personne de son prophète. Il faut que vous vous présentiez devant lui. Il décidera de votre sort.
Ils avaient atteint le pied de la colline. Une troupe de pèlerins les entoura : des femmes au visage pâle, à lair soumis; des enfants vigoureux, rieurs; des hommes au regard inquiet mais sérieux. De surprise ou de pitié, ils sexclamèrent à lenvi en considérant les deux étrangers, lun si misérable et lautre si jeune. Leur escorte sarrêta devant un chariot dun faste voyant. Il était attelé de six chevaux, alors que les autres nen avaient que deux, quatre au plus. A ôté du conducteur était assis un homme qui ne paraissait pas avoir plus de trente ans; mais sa tête massive, son air résolu étaient ceux dun chef. Il lisait un livre à couverture brune, quil mit de côté à lapproche de la foule. Il écouta le récit qui lui fut fait, puis il se tourna vers les deux rescapés.
Si nous vous prenons avec nous, dit-il avec gravité, ce ne peut être quen tant que nouveaux adeptes de nos croyances. Nous ne voulons pas de loups dans notre bercail. Si vous deviez être parmi nous comme le ver dans le fruit, il vaudrait mieux laisser blanchir vos os dans le désert. Acceptez-vous nos conditions ?
- Mest avis que je vous suivrai à nimporte quelle condition ! dit Ferrier avec une telle énergie que les graves anciens ne purent réprimer un sourire. Le chef resta impassible.
Emmenez-le, frère Stangerson, dit-il. Donnez-lui à boire et à manger, occupez-vous de lenfant. Vous aurez la tâche de lui apprendre notre sainte croyance. Nous avons assez tardé. En route ! A Sion ! A Sion !
- A Sion ! En avant ! crièrent les Mormons.
Ces mots passèrent de bouche en bouche et se perdirent au loin dans un murmure confus. Il y eut des claquements de fouets et des grincements de roues. La caravane sébranla. De nouveau elle ondula dans le désert. Le frère Stangerson conduisit les rescapés à son chariot. Un repas les y attendait.
Restez ici et reposez-vous ! dit-il. Dans quelques jours, vous serez remis de vos fatigues. En attendant, rappelez-vous que notre religion est désormais la vôtre. Brigham Young la dit, et il a parlé avec la voix de Joseph Smith, qui est celle de Dieu.
[Accueil] [Aventures] [Bibliographie] [Filmographie] [Jouez] [SH & la France] [Expositions] [Holmésologie] [Chercher] [Me_Contacter]